
"Une maille Ă gauche, une maille Ă droite", merci M. Bayrou (dessin par Le Placide)
Les mĂ©dias sont friands, on le sait, du troisiĂšme homme, celui qui a vocation Ă ĂȘtre le premier des perdants. Plus encore lorsque celui-ci joue le registre du candidat anti-systĂšme.
Câest ainsi que la quinzaine Bayrou bat son plein. Sondages favorables obligent, les mĂ©dias ont les yeux de ChimĂšne pour celui qui, il y a peu, nâavait de cesse de les brocarder. TF1, la cible favorite, est devenue lâespace dâune soirĂ©e une amĂšne tribune. LâĂ©mission « Jâai une question Ă poser », dont François Bayrou mettait hier encore en doute la dĂ©ontologie, lui a rĂ©servĂ© une bonne surprise : pas dâaccrochages avec le public et aucune question de sociĂ©tĂ©. Un discours soft et vague mĂątinĂ© dâune touche de dĂ©magogie. Antiparlementarisme compris. Peut-ĂȘtre nâest-il pas inutile de rappeler que François Bayrou nâa, en cinq ans, dĂ©posĂ© quâune seule proposition de loi (sur Chypre), nâa fait aucune intervention en sĂ©ance publique, nâest lâauteur dâaucun rapport. La rĂ©duction du train de vie de lâElysĂ©e de 20% ne reprĂ©sente que 6 millions dâeuros : anecdotique mais dĂ©licieusement populiste. La proposition dâinscrire dans la Constitution lâinterdiction pour un gouvernement de prĂ©senter un budget en dĂ©ficit de fonctionnement : dâaccord mais le vrai courage politique aurait Ă©tĂ© de dire comment il sây prendrait pour faire baisse la dette. Mais des vrais problĂšmes des Français, pouvoir dâachat, dĂ©localisations, logement etc. foin !

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